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Jour sélectionné:
18/03/2025
Portion biblique:
2 Corinthiens 3:13-18
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Chapitre 3

Verset 13

Il y a en français comme dans toutes les langues d'ailleurs des expressions très pittoresques qui font partie du langage courant surtout de la rue et du monde des ados. Je me souviens quand j'étais jeune et qu'on commençait à fréquenter le sexe opposé, les langues allaient bon train et on aurait pu entendre: elle ne veut plus le voir et il n'a rien compris, il a vraiment de la peau de sauss devant les yeux, sous-entendu de saucisson bien sûr, ou encore: il n'y voit que du feu. Quand on y réfléchit, ces images sont un peu bizarres, mais très parlantes en même temps et leur signification ne fait aucun doute; il s'agit d'une personne qui ne peut pas ou ne veut pas voir et comprendre quelque chose qui pour les autres est évident.

Quand les jeunes utilisent ces expressions, ils font généralement référence à un aveuglement d'ordre psychologique, mais leur application est tout aussi valable dans le domaine spirituel. C'est exactement ce que l'apôtre Paul affirme concernant le peuple d'Israël, mais en des termes plus raffinés que le langage des jeunes.

Verset 14

Je continue à lire dans le chapitre 3 de la seconde Épître aux Corinthiens.

Nous ne faisons pas comme Moïse qui «couvrait son visage d'un voile» pour empêcher les Israélites de voir... Mais leur esprit est devenu incapable de comprendre: aujourd'hui encore, lorsqu'ils lisent l'Ancien Testament, ce même voile demeure; il ne leur est pas ôté, car c'est dans l'union avec le Christ qu'il est levé (2Corinthiens 3.14).

Dans l'Ancien Testament, un certain nombre de vérités d'origine divine n'étaient que partiellement révélées et demeuraient donc quelque peu mystérieuses même à ceux qui les couchaient sur le parchemin. Sous le régime de la Nouvelle Alliance, il n'en est plus ainsi; le fait que Dieu se soit manifesté en Jésus-Christ est clair comme de l'eau de roche, c'est d'ailleurs le coeur de l'Évangile. Ce voile que portait Moïse pour cacher la gloire de Dieu qui émanait de son visage était prophétique.

En effet, depuis l'époque de l'apôtre Paul, jusqu'à aujourd'hui, ce voile spirituel demeure sur les yeux du coeur des Juifs qui ne peuvent donc pas voir en Jésus-Christ leur Messie, l'accomplissement et la fin de la Loi. Leur entendement est faussé à cause de leurs préjugés. Ils refusent systématiquement de considérer la possibilité que le Christ est bien ce qu'il a dit être parce qu'ils refusent de faire face aux conséquences qui je dois l'admettre sont sévères, car toutes leurs croyances et celles de leurs ancêtres s'écrouleraient en un instant comme un château de cartes et ça, leur orgueil ne peut l'admettre.

Jacob, le père de la nation d'Israël était un homme passablement tordu, ses 12 fils pareils à l'exception de Joseph qui lui a honoré l'Éternel dans toute sa vie. Les Textes Sacrés soulignent bien l'attitude d'incrédulité des Hébreux depuis le temps de Moïse qui n'en finissait pas d'avoir maille à partir avec un peuple sans cesse rebelle. Après lui, ça a continué de plus belle jusqu'à la venue du Christ et au-delà. L'apôtre Paul dans une autre Épître cite le tout début d'un passage de l'Ancien Testament qui résume bien le comportement général d'Israël depuis toujours. Je cite le texte complet écrit par un prophète:

Oui, j'ai tendu les mains, à longueur de journée, vers un peuple rebelle qui suivait un chemin qui n'est pas bon, au gré de ses pensées, un peuple qui, sans cesse, provoque ma colère ouvertement. Ses habitants offrent des sacrifices dans les jardins sacrés, et brûlent des parfums sur des autels de briques. Ils s'asseyent parmi les tombeaux pour consulter les morts et passent la nuit dans les grottes. Ils consomment du porc et remplissent leurs plats de mets impurs (Ésaïe 65.2-4).

Il n'est donc pas étonnant que leurs yeux spirituels aient été voilés.

Verset 15

Je continue le texte.

Aussi, jusqu'à ce jour, toutes les fois que les Israélites lisent les écrits de Moïse, un voile leur couvre l'esprit (2Corinthiens 3.15).

Tout comme leurs ancêtres qui furent incrédules au point de sombrer dans une idolâtrie grotesque particulièrement répugnante, les Juifs pratiquants qui actuellement lisent l'Ancien Testament restent dans l'aveuglement le plus complet en ce qui concerne la révélation de Dieu en Jésus-Christ.

Verset 16

Je continue.

Mais, lorsque quelqu'un se tourne vers le Seigneur, le voile est ôté (2Corinthiens 3.16).

Lorsque Moïse se présentait devant l'Éternel dans le Tabernacle du désert, il se découvrait en signe d'humilité. Tout être humain vient au monde souffrant d'aveuglement spirituel à cause du péché qui habite son coeur. Mais lorsqu'une personne se soumet au Christ, alors c'est comme si des écailles spirituelles tombaient de ses yeux et il se passe un déclic dans son âme. Tout à coup, il sait sans l'ombre d'un doute que Jésus est bien le Fils de Dieu, la vérité et la vie.

Verset 17

Je continue.

Le Seigneur dont parle le texte; c'est l'Esprit, et là où est l'Esprit du Seigneur, là règne la liberté (2Corinthiens 3.).

L'Esprit de Dieu affranchit celui qui place sa confiance en Christ. Il est libéré des exigences de la Loi divine, de la culpabilité qu'elle provoque, du jugement qu'elle prévoit et qui pesait sur lui telle la fameuse épée de Damoclès. Sous le régime de la Nouvelle Alliance, c'est le Saint-Esprit, l'agent personnel du Seigneur Jésus, qui ôte le voile qui aveugle tout homme comme je ne cesse de le dire.

Seule la troisième personne de la Trinité peut nous régénérer, rétablir le contact entre le Créateur et moi. Ce ne sont pas des explications à n'en plus finir qui vont convaincre quiconque de la véracité des Écritures ou que Jésus est le seul chemin qui mène au Dieu du ciel. Paul enseigne donc que l'Ancien Testament rend témoignage à Jésus-Christ. C'est aussi ce qu'affirme l'apôtre Pierre. Je le cite:

Tous les prophètes rendent du Christ le témoignage que quiconque croit en lui reçoit par son nom le pardon des péchés (Actes 10.43).

Tous deux annonçaient le même Évangile, proclamant que la rémission des péchés était en Jésus-Christ, à la condition unique de placer sa confiance en lui et que ce salut était offert à tous sans distinction de race. D'autre part, quiconque ne distingue pas Jésus dans l'Ancien Testament est aveuglé. Ils portent un voile spirituel sur les yeux de son coeur, mais la culpabilité des Juifs est plus grande que celle des païens parce que les Textes de l'Ancienne Alliance leur étaient destinés en priorité.

Verset 18

Je finis ce chapitre.

Et nous tous qui, le visage découvert, contemplons, comme dans un miroir, la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en son image dans une gloire dont l'éclat ne cesse de grandir. C'est là l'oeuvre du Seigneur, c'est-à-dire de l'Esprit (2Corinthiens 3.18).

Paul bâtit sur l'analogie à Moïse qui se découvrait le visage lorsqu'il entrait dans la présence de l'Éternel. Le croyant est celui dont le voile d'incrédulité a été ôté et qui désormais a les yeux fixés sur Jésus son sauveur et son guide. La gloire du chrétien, tout comme celle de Moïse, est le reflet de la majesté du Seigneur. Mais tandis que l'éclat rayonnant du visage de Moïse était passager, la transformation du chrétien en l'image du Christ est progressive et ne ternit pas avec le temps. C'est la présence du Saint-Esprit en lui qui accomplit ce prodige. Soit dit en passant que le participe qui est traduit ici par transformé est la racine métamorphos en grec, un mot très fort qui a bien sûr donné le terme métamorphose en français. L'apôtre utilise également ce terme dans une autre Épître. Je cite le passage:

Ne vous laissez pas modeler par le monde actuel, mais laissez-vous transformer par le renouvellement de votre pensée, pour pouvoir discerner la volonté de Dieu: ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait (Romains 12.2).

La racine métamorphos est utilisée pour décrire l'aspect de Jésus lorsqu'il a resplendi dans sa gloire devant trois de ses disciples. Je lis le passage:

Il fut transfiguré devant eux: son visage se mit à resplendir comme le soleil; ses vêtements prirent une blancheur éclatante, aussi éblouissante que la lumière (Matthieu 17.2).

La traduction métamorphosé ou mieux encore transfiguré est tout à fait appropriée concernant la personne de Jésus-Christ, car par nature il est un être de gloire et de lumière. Pour ce qui est de décrire des hommes même pieux, ou s'améliorant de jour en jour par métamorphosé ou transfiguré , une pareille traduction aurait été un abus de langage et une exagération inacceptable.

Un chrétien peut effectivement se transformer, s'améliorer en caractère et en conduite au fil du temps, mais le péché sera toujours présent en lui et il ne parviendra jamais à l'état de transfiguration ici-bas. Cela aura lieu dans l'au-delà où si je peux m'exprimer ainsi il sortira de sa chrysalide pour devenir papillon; alors, il sera effectivement métamorphosé.

Cela dit, le but de la vie chrétienne est bien de ressembler de plus en plus à Jésus-Christ, et il n'y a qu'une seule manière d'y parvenir: c'est d'avoir les yeux constamment fixés sur lui. Je ne parle pas d'une attitude contemplative, type méditation transcendantale, mais d'un acte pratique, d'obéir à la volonté de Dieu en approfondissant la compréhension que j'ai des Écritures. En effet, ce sont les Textes Sacrés qui parlent de Jésus-Christ et qui me révèlent qui il est dans toute sa splendeur.

On raconte l'histoire d'un Écossais croyant et âgé qui gisait sur son lit de mort. Le médecin lui avait dit que c'était la fin. Un ami, chrétien lui aussi, est venu lui rendre visite et lui a confié: On m'a dit qu'on t'avait dit que tu n'en avais plus pour longtemps . Ce ne sont pas des propos à tenir à un homme très malade. Puis il a ajouté: J'espère que tu auras un aperçu du visage béni du Sauveur tandis que tu marches dans la vallée de l'ombre de la mort ! Ce à quoi, l'Écossais a rassemblé tout le peu de force qui lui restait, a levé la tête et a dit: Ne parle pas d'apercevoir; j'ai vu et examiné son visage béni pendant plus de 40 ans, et ce n'est pas maintenant que je vais me satisfaire d'un simple coup d'oeil !

Dès ce côté-ci de l'éternité, il est possible de contempler le Seigneur tel qu'il apparaît dans les Écritures, car elles sont le miroir qui réfléchit son image. À son tour, le croyant est appelé à se laisser transformer par la Parole de Dieu, à devenir comme Jésus et à refléter son image dans sa vie.

Au 19e siècle, le romancier américain Nathaniel Hawthorne a écrit une histoire que je résume. Un jeune garçon vivait dans un petit village à proximité duquel se trouvait une montagne avec une formation rocheuse que l'on appelait le grand visage de pierre . Les habitants croyaient en une légende qui prédisait qu'un jour quelqu'un viendrait qui aurait le même visage que ce rocher. On disait de cet homme que par ses actes dévoués il serait une grande bénédiction au village.

Cette croyance a fortement impressionné ce jeune garçon qui tout au long de sa vie passait le plus clair de son temps libre à contempler ce rocher. Il n'arrivait pas à en détourner ses yeux, rêvant du jour où ce personnage mythique viendrait enfin. Puis le temps a passé et ce petit garçon est devenu un homme et finalement un vieillard. Un jour qu'il se promenait dans une rue de son village, quelqu'un s'est subitement arrêté devant lui et s'est écrié: C'est lui, il est venu celui qui ressemble au grand visage de pierre. Ce garçon devenu homme avait tellement observé, contemplé la forme de ce rocher qu'il avait fini par lui ressembler.

Je crois que beaucoup voudraient être comme le Christ, avoir sa sagesse, sa mansuétude, son sang-froid, son courage et sa bonté. Quiconque désire devenir comme lui doit passer du temps en sa présence dans la prière et dans les Écritures, car elles rendent témoignage de lui. Au début de son Évangile, Jean écrit:

Au commencement était celui qui est la Parole de Dieu. Il était avec Dieu, il était lui-même Dieu. Celui qui est la Parole est devenu homme et il a vécu parmi nous. Nous avons contemplé sa gloire, la gloire du Fils unique envoyé par son Père: plénitude de grâce et de vérité ! (Jean 1.1, 14).

Avant toute chose et de toute éternité, l'expression absolue de Dieu dans toute sa gloire était en Jésus-Christ. Il est le logos éternel qui a été fait chair. Le Christ est devenu un homme et il a résidé parmi nous. Pour un temps, il a été possible à ses contemporains de contempler sa gloire et de voir en action la grâce et la vérité divines.

Aujourd'hui, Jésus n'arpente plus les chemins poussiéreux de la Palestine, mais on peut encore l'admirer et expérimenter la plénitude de la grâce et de la vérité qu'il personnifie en lisant, en méditant la Parole écrite des Textes Sacrés. Celui qui contemple Jésus libère en lui un grand pouvoir de transformation. Si je regarde fixement vers lui, je finirai par lui ressembler. De la même manière dont le visage de Moïse reflétait la présence de l'Éternel, la gloire du Christ brillera au travers de moi. Je serai transformé en son image dans une gloire dont l'éclat ne cessera de grandir, allant d'un certain niveau de gloire à un autre plus élevé.

Celui qui fixe ses regards sur le Seigneur devient semblable à lui. Il y a un petit chant chrétien qui dit: Tournez les yeux vers Jésus; contemplez son visage merveilleux; et les choses de la terre pâliront peu à peu si vous tournez vers Jésus les yeux. Le Seigneur Jésus-Christ est incomparable. Il n'est donc pas étonnant que Paul ait déclaré que la Nouvelle Alliance était bien supérieure à l'Ancienne symbolisée par la Loi donnée à Moïse.

L'apôtre a commencé cette Épître sur la défensive en donnant les raisons pour lesquelles il avait décidé de différer sa visite aux Corinthiens. Alors qu'il était en train de s'enliser dans des explications qui allaient susciter de nouvelles polémiques, il a brusquement recentré son discours sur la personne de Jésus-Christ, et ce qu'il vient de nous dire le concernant est prodigieux. L'apôtre a commencé par se présenter comme le serviteur de la Nouvelle Alliance en Jésus-Christ à l'image de Moïse qui lui était le représentant de l'Éternel sur terre lors de l'Alliance de la Loi donnée sur le mont Sinaï.

Cela dit, il existe des différences flagrantes entre les deux régimes. La Loi avait un caractère transitoire; elle fut donnée pour un temps et seulement au peuple d'Israël. De plus, toutes ces ordonnances étaient un vrai boulet, un poids énorme, car personne n'était capable de les mettre en pratique mot pour mot. La Loi mettait donc à nu le péché inhérent au coeur de l'homme ce qui entraînait sa condamnation. Déjà dans l'Ancien Testament, la délivrance de ce fardeau se faisait par le moyen de la foi en la valeur des sacrifices d'animaux. Ceux-ci étaient une anticipation de la venue du Christ, l'Agneau parfait de Dieu. Il a non seulement offert sa vie, mais il a aussi accompli parfaitement toutes les exigences de la Loi au bénéfice de ceux qui lui font confiance.

Sous le régime de la Nouvelle Alliance, tout est par grâce. Mais les Juifs ne comprennent pas cela étant aveuglés par leur incrédulité. Par contre, ceux qui croient bénéficient d'un accès auprès du Père, et sont peu à peu transformés par le Saint-Esprit afin de devenir de plus en plus conformes à l'image du Christ. Voilà ce que Paul explique aux Corinthiens. Ce ministère que Dieu lui a confié ainsi qu'aux autres apôtres est glorieux, car la victoire de Jésus-Christ est assurée et le Saint-Esprit est constamment présent, à l'oeuvre dans la vie des croyants.

Mais cette gloire n'empêche pas que ceux qui sont engagés dans le travail du Seigneur éprouvent des difficultés de tous ordres. Le ministère que Paul exerçait était tellement éprouvant qu'il se trouvait parfois dans des situations désespérées comme il l'a dit au début de cette Épître. Je rappelle ses paroles:

Il faut, en effet, que vous sachiez, frères, quelle détresse nous avons connue dans la province d'Asie. Nous étions écrasés, à bout de forces, au point même que nous désespérions de conserver la vie (2Corinthiens 1.8).

Et plus loin dans cette Épître, le grand apôtre va écrire des passages étonnants qui font l'effet d'un coup de massue sur le lecteur. Je les ai déjà cités, mais je les rappelle tellement ils m'interloquent par leur franchise:

À notre arrivée en Macédoine, nous n'avons pas eu un instant de repos, nous avons connu toutes sortes de détresses: conflits au-dehors, craintes au-dedans? j'ai été souvent en prison, j'ai essuyé infiniment de coups; souvent, j'ai vu la mort de près. Cinq fois, j'ai reçu des Juifs les «quarante coups moins un». Trois fois, j'ai été fouetté, une fois lapidé, j'ai vécu trois naufrages, j'ai passé un jour et une nuit dans la mer. Souvent en voyage, j'ai été en danger au passage des fleuves, en danger dans des régions infestées de brigands, en danger à cause des Juifs, mes compatriotes, en danger à cause des païens, en danger dans les villes, en danger dans les contrées désertes, en danger sur la mer, en danger à cause des faux frères. J'ai connu bien des travaux et des peines, de nombreuses nuits blanches, la faim et la soif, de nombreux jeûnes, le froid et le manque d'habits (2Corinthiens 7.5; 11.23-27).

À côté des dangers physiques, l'apôtre Paul devait faire face aux exigences spirituelles inhérentes à son ministère d'évangéliste. Plus loin, il va dire:

Je porte mon fardeau quotidien: le souci de toutes les Églises (2Corinthiens 11.28).

J'ai entendu plusieurs fois quelqu'un dire: Être chrétien est la voie de la facilité ! En tout cas, ce n'était pas l'avis de l'apôtre Paul.


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